Archives mensuelles : juillet 2017

Montez à bord d’un vol à destination d’une collision fantastique

Bon voyage ! Et autres mensonges – Yael Rasooly-  1 heure – français – adultes et adolescents – théâtre d’objet et de papier, masque et acteurs – Israël – Estonie – Création festival.

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Théâtre du Rugissant / Ivan le terrible / Chalon dans la rue
Théâtre du Rugissant / Ivan le terrible / Chalon dans la rue

La réalité rencontre le fantastique dans Bon voyage et autres mensonges de Yael Rasooly. Dans une mise en scène inspirée des livres pop-up, l’artiste multicarte israélienne adapte plusieurs nouvelles de l’écrivain, scénariste et cinéaste israélien, Etgar Keret (pour mémoire, le film Petits suicides entre amis est adapté de son œuvre, en 2006) avec lequel elle a échangé tout au long de la création.

Des jumelles hôtesses de l’air atteintes de trouble de la personnalité, un petit garçon poli qui va vraiment mal et une chanteuse hospitalisée qui tente d’oublier son corps meurtri en rentrant dans un show télévisé… Ces trois histoires s’entremêlent pour créer un spectacle absurde et surréaliste. Un collage d’identités et de récits dans lequel le public est invité à monter à bord d’un vol vers une collision fantastique.

En tant qu’interprète de ce spectacle avec deux autres comédiennes, Yael Rasooly poursuit son exploration de disciplines développées dans de précédents spectacles, chant dans un répertoire très vaste, théâtre d’objets et théâtre de marionnettes. Elle pousse plus loin l’expérience de Papercut en  créant une nouvelle forme de  langage à l’aide de collages de photos. En prenant vie sur scène dans un paysage sonore riche et profond, ces images, telles les pièces éparses d’un puzzle, prennent sens révélant derrière le masque en papier-glacé, le double-fond des personnages et de l’histoir.

La forme courte de ce spectacle présentée à plusieurs reprises a déjà rencontré un succès critique. Le FMTM coproducteur le propose pour la première fois dans sa version complète.

Chambre noire : portrait d’une féministe extrémiste et paradoxale

Chambre noire d’Yngvild Aspeli, Plexus Polaire, Inspiré de La Faculté des rêves de Sara Stridsberg  – A partir de 16 ans – 1 heure – Marionnettes à taille humaine – Création – Première en France

Portrait de Valérie Solanas, féministe américaine connue pour sa tentative de meurtre sur Andy Warhol

CHAMBRENOIRE_11Photo : Benoît Schupp

Avril 1988 – San Francisco . Une chambre d’hôtel. Des néons roses. Un disque tourne en boucle. Allongée sur lit un crasseux : Valérie Solanas, féministe américaine extrémiste connue pour sa tentative de meurtre sur Andy Warhol en 1968. Au chevet de cette femme-marionnette, la mort, apprêtée telle Marylin Monroe.

Ainsi commence Chambre noire, pièce créée et interprétée par la comédienne et marionnettiste norvégienne, Yngvild Aspeli et présentée pour la première fois en France à Charleville-Mézières. Pour cette nouvelle création, l’ancienne élève de l’Esnam (7e promotion), s’inspire une fois encore d’un auteur contemporain : la Suédoise, Sara Stridsberg, et de son roman La faculté des rêves.

A travers le portrait de Valérie Solanas, femme paradoxale, forte et fragile, extrême féministe et prostituée, écrivaine et chercheuse, la compagnie Plexus polaire porte un regard sur la société actuelle. Dans une mise en scène, mêlant marionnettes figuratives à taille humaine et miniatures, fourrures et paillettes, théâtre d’objet et vidéo, le récit de la vie de Valérie Solanas apparaît fragmenté. Souvenirs et personnes clefs se succèdent pour mettre à nu un être en chute libre.

Yngvild Aspeli donne vie aux sentiments les plus enfouis. Seule actrice et marionnettiste sur la scène, elle est accompagnée de la percussionniste Ane Marthe Sørlien Holen pour orchestrer ce dernier cabaret chaotique. La compagnie Plexus Polaire, est implantée depuis juillet 2015, à Nevers, en Bourgogne. Les équipes de créations mêlent différentes nationalités, notamment française et norvégienne.

Une histoire iranienne vue à travers 580 figurines de papier

Compagnie PAPIERTHEATRE – Création 2017 – Un secret de rue de Fariba VAFI – Adaptation et mise en scène Narguess MAJD  – Un projet franco-iranien.

03La compagnie Papierthéâtre d’Alain Lecucq et Narguess Majd, poursuit son approche complètement renouvelée du théâtre de papier, avec l’adaptation du roman Un secret de rue, de l’auteure iranienne Fariba Vafi. Au travers du quotidien d’une rue iranienne racontée par deux fillettes, la pièce interroge, comme le roman, le thème de la rage destructrice, de sa naissance à ses conséquences.

La metteuse en scène Narguess Majd a travaillé la dramaturgique autour des figurines de papier dans une approche cinématographique. Gros plan, profondeur de champ, mise en perspective…  Au travers de trois grands cadres, cinq marionnettistes et comédiens manipulent des figurines représentant en photo l’ensemble des protagonistes de l’histoire (une quinzaine de personnages) et les décors dans lesquels ils évoluent.

Si l’utilisation de la photographie n’est pas une nouveauté pour la compagnie, les dimensions des figurines utilisées et leur quantité sont dans des proportions encore jamais atteintes. 580 figurines dont certaines d’1 m 20 de haut ont été découpées, à partir de photographies soigneusement choisies parmi des milliers de prises. Le photographe Abbas Kowsari, directeur photo du journal Shargh à Téhéran dont le travail se situe entre documentaire et beaux arts, publie aussi dans le New York Times, Time Magazine, Paris Match, Der Spiegel.

Trois années auront été nécessaires pour réaliser l’adaptation, le storyboard, les figurines et la mise en scène de cette pièce. Le travail qui a précédé la conception du spectacle et sa mise en œuvre sont tout simplement fascinants.