Premier salon des littératures maudites dans les Ardennes

Ça va bientôt sentir le soufre à la médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières. Du 9 au 11 septembre,  se tiendra le  premier salon des littératures maudites dans les Ardennes. Et même le premier salon littéraire tout court !

Bande son by Helper : Winter Light

La médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières et la société des écrivains ardennais peuvent se targuer d’innover doublement en abordant dans un salon littéraire des sujets à la marge mais qui concernent quand même 18% des ventes de livres en France. Et avec des invités de renom parmi lesquels Howard Phillips Lovecraft, Gérald Messadié et le diable… Entrée libre et gratuite.

« On ne valide pas, on donne la parole au mystère. On proclame au grand jour qu’on s’intéresse à des choses qui intéressent beaucoup de gens mais dont on ne parle habituellement pas »

 

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Le président de la société de écrivains ardennais Richard Dalla Rosa et le directeur du réseau des bibliothèques d’Ardenne Métropole, Thibaut Canuti proposent un salon littérateur novateur dans le département.

A  l’affiche du premier salon des littératures maudites, des thèmes sulfureux bien sûr : fantastique, Ovni, parapsychologie scientifique, phénomènes mystérieux,  ésotérisme, occultisme, vampirisme, érotisme, sociétés secrètes, étrange et merveilleux fantastique dans les Ardennes…  Et un écrivain maudit en guest star : H.P. Lowecraft qui ouvrira le salon par-delà les âges et les arts qui l’y représenteront.

Un éclectisme de thématiques dont le point commun est de se trouver à la marge et de « ne pas nécessairement trouver leur place dans les manifestations littéraires. (Ces littératures) représentent tout de même 18 % des ventes de livres en France !  On ne valide pas, on donne la parole au mystère. On proclame au grand jour qu’on s’intéresse à des choses qui intéressent beaucoup de gens mais dont on ne parle habituellement pas », développe le directeur de la Médiathèque Thibaut Canuti.

Un parrain et éditeur né à Sedan, Phil Marlin

Pour servir ces thèmes bien sûr, les auteurs qui vont avec. Une dizaine, tous  « universitaires » ou presque, tous « publiés », tous « sérieux », souvent sulfureux : à commencer par le parrain de l’événement Philippe Marlin, né à Sedan, vivant désormais à Renne le Château, créateur des éditions l’œil du Sphynx (éditeur invité) spécialisées dans l’étrange, le fantastique, les sociétés secrètes, l’occultisme, l’ufologie… Et ce après une première vie dans les hautes sphères de la finance au sein de la société générale !

Le plus connu d’entre eux est sans doute Gérald Messadié, ancien rédacteur en chef de science et vie, historien devenu romancier. Auteur entre autres de l’histoire du diable, il se déplace très rarement et le fait « par amitié » pour Richard Dalla Rosa, président de la SEA dont il est « le parrain spirituel », explique ce dernier.

Un auteur, une conférence

Particularité de ce salon, en plus de proposer livres et signatures en partenariat avec les librairies Plumes et Bulles et Rimbaud, chaque auteur vient avec une conférence.

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Les conférences se dérouleront le samedi de 10 heures à midi et de 14 à 18 h 30 et le dimanche de 10 heures à midi et de 14 à 17 h 30. Ouverture avec Phil Marlin et Lovecraft le vendredi à 19 h 45.

Citons par exemple Jocelin Morisson, journaliste scientifique spécialiste des expériences de mort imminente (il publie notamment aux éditions de la Martinière dans la collection de Stéphane Allix–venu à Chimeria parler Ufologie en 2010), Geneviève Béduneau (parapsychologue scientifique controversée), Fabienne Leloup (agrégée de lettres, versée dans l’érotisme brûlant, qui évoquera la première franc-maçonne Marie Deraismes),  Claude Arz, fils d’un guérisseur breton sociologue spécialiste des légendes…  Etc.

De quoi dénouer les neurones,  secouer les repères habituels, ouvrir de nouvelles portes…

Hommage à Lovecraft et « Première exposition mondiale de Nécronomicons »

Troisième innovation,  le salon ouvre  le vendredi 9 septembre à 18 heures, par un hommage à  Lovecraft  avec une série d’événements dont…  » la première exposition mondiale (?!) de Nécronomicons « .

Hein ?! Vous savez, le livre des morts dont parle Lovecraft dans plusieurs de ses textes. Non, toujours pas ? Bon, j’avoue je n’y connaissais rien non plus.  Alors si vous voulez vous y mettre, le président de la SEA, Richard Dalla Rosa, conseille de commencer par L’affaire Charles Dexter Ward (je l’ai trouvée dans un recueil de nouvelles Par-delà le mur du sommeil chez Denoël, réédition de 1991). Thibaut Canuti, nous propose la nouvelle Dagon  dont une nouvelle traduction vient d’être rééditée en poche sous le titre Dagon et autres récits d’horreur.

Jeux de rôle, musique et cinéma

Bref, ces Nécronomicons seront exposés pour la première fois grâce à un prêt de Phil Marlin, qui donnera à 19 h 45, une conférence inaugurale sur la Mythologie lovecraftienne. Mythologie qui a nourri bien des imaginaires. Les samedis et dimanches seront d’ailleurs l’occasion de vous plonger dans les méandres de jeux de rôle qui s’en inspirent avec des maîtres de jeux de la librairie Plume et Bulle.

Cette première soirée sera aussi l’occasion de découvrir, en musique avec le DJ Helper (dont vous entendez le morceau Winter Light en lisant ces lignes),  l’exposition « Illustrateurs du fantastique », en présence de leurs auteurs Jacky Ferjault, peintre spécialiste de Lovecraft, Marie Mallart et Jean-Michel Nicollet dont les œuvres illustrent depuis des décennies moult magazines et livres (Métal Hurlant, Humanoïdes associés, folio junior, Cascade policier chez Rageot, Bibliothèque verte, des nouvelles de Jean-Bernard Pouy, le Chien de Baskerville chez Gallimard). A 21 heures enfin, sera diffusé le film documentaire : Howard Phillips Lovecraft 1890-1937 : toute marche mystérieuse vers un destin, de Anne-Louie et Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard.

Vous l’avez compris cette manifestation déborde largement  du cadre littéraire. Et ça n’est pas fini !

Une nuit de l’étrange et du fantastique

En plus d’hYrtis et de sa scie musicale invitée à jouer des interludes les samedi et dimanche, une grande soirée cinéma nous mènera sur les chemins de l’étrange et du fantastique avec un film par décennie. Le voyage commencera le samedi à 19 heures avec Last man on earth, un film de 1964, réalisé par Ubaldo Ragona et Sydney Salkow. La toute première version d’un film plus connu sus le nom Je suis une légende interprété par Will Smith. Suivront quatre autres films, un par décennie.

Une médiathèque au complet « d’ici la fin de l’année »

litterature maudite 3Voilà pour ce premier salon des littératures maudites ! A noter qu’en cultivant la marge, le directeur du réseau des bibliothèques d’Ardenne Métropole Thibaut Canutti et le président de la SEA Richard Dalla Rosa ne manquent ni d’audace, ni d’humour. Nous plonger dans des textes sulfureux quand on connaît l’histoire compliquée du réseau d’aération de l’enceinte…  Mais c’est de l’histoire ancienne assure Elisabeth Husson, adjointe  à la culture : « le plateau numérique sera opérationnel d’ici un mois ou deux » et le 2e étage consacré au patrimoine « d’ici la fin de l’année ».

Quant au choix de la date du 11 septembre, qui depuis l’attentat des twins towers a vu de nombreuses théories complotistes s’envoler  ? « Le fruit du hasard des calendriers », assurent les organisateurs. Ne nous lançons pas à notre tour dans de vertigineux délires à base de vérités cachées. Laissons nous embarquer. Bon voyage.

6 réflexions au sujet de « Premier salon des littératures maudites dans les Ardennes »

  1. Voilà un petit topo synthétique sur Wikipedia sur le sujet…
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_r%C3%B4le_sur_table#Une_pol.C3.A9mique_historique_:_le_.C2.AB.C2.A0r.C3.B4le.C2.A0.C2.BB_avec_ou_sans_s

    Sur « Aux portes de l’imaginaire », je traque les S à la fin de rôle depuis peu. Je ne faisais pas forcément attention dans les premiers articles publiés (alternativement avec ou sans S).

    Pour la durée d’une partie, c’est très variable, mais en moyenne, elles durent 3 à 4 heures… une partie de jeu de rôle peut aussi se jouer en « campagne » de plusieurs aventures de plusieurs heures chacune partageant une même trame (un peu comme les épisodes d’une série TV). La plus longue session de jeu que j’ai maîtrisé a durée une douzaine d’heures (à l’Appel de Cthulhu justement, avec des joueurs qui étaient partis pour ne pas dépasser 1h du matin… la partie s’est terminée vers 8h ou 9h le lendemain matin alors que l’un d’eux a regardé sa montre !). Oui, c’est très prenant 🙂 Mais le gros avantage par rapport à d’autres jeux (beaucoup de jeu de sociétés durent plus longtemps finalement), c’est qu’il est très facile de mettre en pause pour reprendre plus tard (pas de pions, de plateau…).

    Pour une partie de démonstration, j’essaie de les faire tenir sur 1h/1h30 pour vraiment donner un aperçu assez clair du jeu. La durée est peut-être le principal frein pour découvrir le jeu, surtout lors de salons où il y a d’autres choses à découvrir. J’animerais des parties courtes le vendredi soir.

    Pour plus d’information, nous avons réalisé une petite brochure pour présenter le jdr : http://portes-imaginaire.org/blog/des-ressources-pour-presenter-le-jeu-de-role/

  2. C’est un détail sur lequel beaucoup de rôlistes pinaillent (et beaucoup de rôlistes étant des pinailleurs…) 🙂 en fait, c’est la désignation qui était utilisée dans le magazine Casus Belli (un magazine « historique » sur le jeu de rôle qui a commencé début 80 et qui existe toujours aujourd’hui)… il faut que je retrouve la justification du sans « s », ça doit traîner quelque part.

    1. C’est le genre de détails qui m’intéressent 😉 J’ai vu que sur votre votre site d’ailleurs il y a avec ou sans ! Quand vous avez la réponse n’hésitez pas à m’en faire part. Les jeux de rôle sont pour moi une énigme. ça m’est toujours apparu comme une activité très masculine car ado, avec d’autres filles, nous étions systématiquement exclues des soirées jeux de rôles. Peut-être pourrais je guérir une frustration ce week-end. Mais j’ai aussi l’impression que c’est très prenant et qu’il faut pouvoir disposer de plusieurs heures pour jouer. Je me trompe ?

  3. Bonsoir ! Chouette initiative, mais… pour une fois qu’il y a un truc sympa qui se déroule à Charleville, … ça se déroule le même week-end que le Festival des Légendes ! Si ça peut compléter la question des jeux de rôle (attention pas de « s », ça fâche beaucoup de rôlistes) sur le thème (et principalement sur Lovecraft), voici un petit article à ce sujet : http://portes-imaginaire.org/rubriques/encyclopedia-fantastica/mythe-de-cthulhu/

    Sinon, je ne sais pas comment ça va se passer, je devrais faire parti des MJ qui accompagnent Plume et Bulle sur quelques parties de découvertes de L’Appel de Cthulhu… (mais je ne pourrais pas me couper en deux le samedi et le dimanche… dommage 🙁 )

    1. Merci pour ce commentaire. Oui dommage en effet. Vous faites partie des intervenants aussi sur le festival des légendes ? Et pour le S, je m’en vais corriger cela de ce pas. Mais pourquoi cela fâche-t-il les rôlistes ? Ne joue-t-on pas plusieurs rôles dans un jeu de rôle ?

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