Alors voilà c’est fait : le musée Rimbaud a été inauguré

Alors voilà c’est fait : le musée Rimbaud a été inauguré. Cela s’est-il passé dans de bonnes conditions ? 

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Jacques Bonnaffé et assis à sa droite Ernest Pignon Ernest.

Si on s’en tient au site, l’île du Vieux Moulin, au soleil, à la nouvelle bière créée par l’AAPH et présentée à cette occasion, aux belles rencontres qu’il est possible de faire tant Rimbaud brasse d’univers, à l’exposition inaugurale du généreux et bienveillant Pignon-Ernest et aux différentes représentations des amateurs de tous âges, en passant par la manif Rimbaldienne, jusqu’aux excellents Bonnaffé père et fils, on sort de cette journée plutôt ravi.

Mention spéciale pour Rimbaud 2.0

Mention spéciale aussi au projet de Raphaël Audaire, Rimbaud 2.0, qui est peut-être ce qu’il y avait de mieux à faire pour faire vivre la poésie de Rimbaud au 21e siècle. Dix courts métrages représentant un patchwork de visages disant des poèmes de Rimbaud, avec toutes les imperfections et les beautés qui font l’humanité.  Le projet devrait être disponible sur le net et on lui souhaite une longue vie.

Thiéfaine a « ouvert la scène ouverte » avec l’affaire Rimbaud… Et puis…

Pour le reste, difficile d’oublier le sentiment de frustration de certains visiteurs qui ont préféré ne pas venir ou bien faire demi-tour en comprenant que la visite serait celle d’un chantier.  Pour ceux qui sont restés, difficile aussi d’être pleinement satisfaits. Grenier inaccessible, collections non présentées… Qu’en retiendra la presse nationale venue sur place ? Reviendra-t-elle pour une visite complète ?

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Hubert Félix Thiéfaine a assisté aux discours, en partie.

Etrange aussi, le passage éclair de Thiéfaine sur scène, peut-être mal à l’aise à cause des médias (@Nathdit y compris) qui voyaient en lui l’un des interlocuteurs les mieux placés pour parler de Rimbaud. Alors qu’il allait entrer dans l’ascenseur pour visiter le musée, il a préféré partir. Sur scène, alors que le programme annoncé « quelques uns de ses morceaux », il a « ouvert la scène ouverte «  avec une seule interprétation de l’affaire Rimbaud. Tant pis pour les retardataires. Ils pourront se rattraper lors du prochain Cabaret Vert.

Avant la poésie, de très longs discours

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La cacophonie dénoncée par l’élu PCF Sylvain Dalla Rosa lors du dernier conseil municipal n’a pas vraiment eu lieu sur la scène ce samedi matin.  Au moins en apparence. Toutes les parties prenantes du projet ont eu leur temps de parole après le maire Boris Ravignon :  la fondation du patrimoine, un représentant de Total puis de Benoît Huré (président du département qui en son temps n’avait pas tout de suite mis la main à la poche), le président de la région Jean-Paul Bachy et le préfet, Frédéric Périssat.

Et avant eux, l’ancien maire de Charleville-Mézières, Claudine Ledoux. Visiblement ravie de retrouver sa ville, elle a presque pris le même temps de parole que le maire actuel.  Il faut dire qu’elle est  à l’origine du montage de ce projet en 2009, avec son équipe municipale, composée alors notamment de Nadia Tourneux aux finances et Julien Sauvage à la culture.

Morceaux choisis des interventions de Boris Ravignon et Claudine Ledoux

On se souvient qu’alors le montage financier avait été long et certains financeurs difficiles à motiver. Le projet avait failli être abandonné.  Mais quand il s’agit de Rimbaud et de défendre Charleville, l’union sacrée semble finalement de mise.

Estimé à 4,7 millions d’euros, le coût final de l’opération devrait s’élever à 5,4 millions une fois les dépenses de communication ajoutées. Espérons pour la ville que la communication portera de bons fruits.

Quant aux plus Rimbaldiens, ils pourront peut-être se consoler en se disant qu’inaugurer un musée en chantier avait quelque chose de surréaliste qui n’aurait peut-être pas déplu au poète. Sur Rimbaud après tout, on n’en est pas à une polémique près.

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