Archives mensuelles : janvier 2015

Mercredi 21 octobre de 14 à 17 heures. Résumé : Le « budget carbone » dont dispose l’humanité, si elle veut rester en-deçà du seuil des +2°C de réchauffement climatique, est de l’ordre de 1000 à 1500 gigatonnes de carbone à émettre durant le XXIe siècle. Or, les émissions de carbone qui sont contenues dans les réserves de combustible fossile représentent au moins trois fois ce montant. D’où la nécessité d’envisager sérieusement le maintien en terre d’une bonne partie de ce carbone. C’est ce que prônent certains économistes écologiques – Herman Daly et Joan Martinez-Alier, notamment – depuis une vingtaine d’années. Cette proposition, qui au départ était théorique, a pris un tour concret quand ils ont réussi à convaincre Rafael Correa, le Président de l’Equateur, de maintenir en terre 20% des réserves pétrolières de la zone Ishpingo-Tambococha-Tiputini (ITT) du parc Yasuni si la communauté internationale acceptait de compenser à hauteur de 50% les revenus qui pouvaient être tirés de son exploitation. Las ! Malgré les promesses faites par certains pays, régions et firmes internationales, la somme recueillie par le fonds créé à cette intention par le PNUD était loin du compte. D’où l’abandon du projet en août 2013, un échec qui peut s’expliquer par des oppositions extérieures, mais aussi internes, à l’Equateur. Malgré cette déconvenue, la lutte contre les changements climatiques et le défi d’un développement respectueux des communautés et des populations – le Parc Yasuni abrite des peuples « non contactés », en « isolement volontaire » – conduisent inévitablement à réactiver ce genre d’initiative.

Présentation : Franck-Dominique Vivien est professeur à l’Université de Reims Champagne Ardenne. Ses recherches, qui adoptent une perspective d’analyse économique institutionnaliste, portent principalement sur l’économie de la biodiversité et des services écosystémiques, une approche sectorielle de la problématique du développement soutenable dans les domaines de la « chimie verte » et de la « bioéconomie », une approche d’économie patrimoniale dans le domaine de la gestion de l’eau.

Retrouvez ici une conférence de F.-D. Vivien consacrée à l’économie de la nature dans le cadre du groupe « Sciences en questions » : http://www.nancy.inra.fr/Toutes-lesactualites/film

Mercredi 21 octobre de 9 heures à 12 heures, Nicolas Béfort et Christopher Lecat : « Industrie et transition écologique : perspectives pour une réindustrialisation écologique ». Résumé : Les industries nationales connaissent un mouvement de désindustrialisation depuis les années 80 et doivent faire face aux dégâts sociaux et écologiques de la course à la productivité (industrialisation/délocalisations/désindustrialisations) dans un contexte de réorganisation des relations Nord-Sud. Les pays en développement sont élus comme les « 4 usines du monde » organisant la compétition entre les territoires et les salariés, maintenant ouverte la voie d’une exploitation sans bornes de la nature. Or, alors même qu’elle est pointée du doigt comme responsable d’une partie des dégradations environnementales (émissions de gaz à effets de serre, exploitation des ressources naturelles…), l’industrie a un rôle à jouer dans la transition écologique. Cette transition pourrait être le prolongement des dynamiques actuelles par la mise en forme d’une « croissance verte » ou l’occasion d’interroger les modalités d’une transition vers un nouveau modèle de développement respectant la nature et les Hommes, c’est-à-dire allant plus loin qu’une simple baisse des émissions de gaz à effets de serre. Réaffirmant l’importance de l’industrie dans le développement économique et social, cette contribution vise à dessiner des axes de réflexion sur ce que pourrait être une réindustrialisation écologique.

Présentation : Franck-Dominique Vivien est professeur à l’Université de Reims Champagne Ardenne. Ses recherches, qui adoptent une perspective d’analyse économique institutionnaliste, portent principalement sur l’économie de la biodiversité et des services écosystémiques, uneapproche sectorielle de la problématique du développement soutenable dans les domaines de la « chimie verte » et de la « bioéconomie », une approche d’économie patrimoniale dans le domaine de la gestion de l’eau.

Mardi 20 octobre de 14 heures à 17 heures, Laure Lavoratta : « Distribution, développement durable et consommateurs : quels sont les enjeux pour les distributeurs et les consommateurs ? » Résumé : Dans un contexte où le changement climatique est devenu un enjeu important pour la société, les distributeurs jouent un rôle essentiel pour développer une alimentation durable : en effet, situés à l’intermédiaire du producteur et du consommateur, les distributeurs (Carrefour, Auchan, Leclerc…) peuvent influencer directement ce dernier par les produits proposés, les pratiques de développement durable (lutte contre le gaspillage, recyclage, M. Damian a contribué au numéro spécial de la revue Nature Sciences Sociétés dédié à la « COP 21 » et qui invite à penser autrement la question du changement climatique. A cette occasion, le numéro est disponible gratuitement à cette adresse : http://www.nssjournal.org/fr/articles/nss/abs/2015/02/contents/con tents.html 3 emballages…). Les consommateurs sont-ils sensibilisés à ces pratiques et modifient t’ils leur comportement ? La conférence permettra de mieux comprendre les enjeux pour le consommateur-citoyen.

Dominique Roux, « Consommer responsable : entre dissemblances et désajustements »  Résumé : Développement durable, économie verte et consommation responsable traduisent en discours, en intentions et en actions – privées ou publiques – le souci grandissant qu’une croissance incontrôlée fait peser sur l’avenir des générations futures. Du côté des publics toutefois, la notion de consommation « responsable » ou « engagée » présente un tableau contrasté. Notre propos vise ainsi à montrer 1/ qu’elle varie fortement en fonction des caractéristiques socio-démographiques et culturelles des individus ; 2/ qu’elle est orientée par des représentations, mais aussi par des contraintes créant des décalages parfois importants entre ce que disent les consommateurs et ce qu’ils font, selon leur situation financière (à quel prix ?), matérielle (comment faire ?) et informationnelle (que consommer ?) ; 3/qu’en raison de ces contraintes, la consommation responsable ne s’ajuste pas nécessairement aux injonctions publiques, ni aux offres, fussent-elles plus « vertes », dans lesquelles l’économie marchande tente de les engager.

Laure Lavorata est professeure des universités à l’Université de Reims Champagne Ardenne. Ses travaux de recherche portent sur l’éthique dans la vente ou la distribution ainsi que sur les pratiques de développement durables des distributeurs et les perceptions que les consommateurs ont de ces pratiques. Elle coordonne un projet de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche sur cette thématique.

Dominique Roux est professeur de marketing à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Ses thèmes de recherche portent sur les formes alternatives de consommation et de distribution, et les modalités de résistance des consommateurs au marché (elle a coordonné l’ouvrage Marketing et Résistance(s) des Consommateurs, Economica, 2009). Elle s’intéresse en outre à la question des relations des individus avec leurs déchets. Cette réflexion est actuellement prolongée dans le cadre du projet consci-gaspi (ADEME) sur les représentations et pratiques de gaspillage d’objets, mais aussi au sein du projet PICO financé par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Énergie sur l’essor et les ressorts du mouvement collaboratif en France.