Jeudi 22 octobre l’après-midi : « Economie normative et changement climatique, ou quand la science économique a besoin de la philosophie morale ».

Résumé : Les problèmes relatifs au changement climatique ont une dimension économique évidente eu égard à leur impact potentiel sur les niveaux de vie présents et futurs. De ce point de vue, la contribution des économistes aux réflexions relatives aux moyens d’action requis pour remédier à ces problèmes semble pouvoir se réduire à une analyse coûts-bénéfices standard : les effets du changement climatique pourraient s’avérer plus ou moins désastreux pour les générations futures et toute action les atténuant s’apparente à un bénéfice pour ces dernières ; cependant, la lutte contre le changement climatique génère également un coût pour les générations présentes. Le rôle des économistes serait alors de produire un « calcul économique » objectif permettant d’aider les décideurs politiques dans leur prise de décision. Toutefois, une telle vision est fondamentalement erronée. Le changement climatique est une problématique pour laquelle il est impossible de séparer considérations positives et normatives de la sorte, et plus généralement qui nécessite que les économistes prennent position sur le plan moral. Dans la mesure où toute action présente aura un impact sur le niveau de vie des générations futures mais aussi sur le nombre et l’identité des personnes qui vivront dans le futur, de nombreuses questions morales se posent: quelle valeur doit-on accorder au bien-être d’une personne vivant dans le futur par rapport à une personne vivant dans le présent ? Le bien-être des individus est-il le seul critère pour classer les actions ? Comment doit-on intégrer le risque infime d’une extinction de l’espèce humaine ? Les générations futures ont-elles des droits, sachant que toute action présente affectera l’identité des personnes vivant dans le futur ? Ces questions et d’autres appellent à des réflexions situées à l’intersection de l’économie et de la philosophie.

Présentation : Cyril Hédoin est professeur des universités en sciences économiques à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Ses travaux de recherche relèvent essentiellement de la philosophie de l’économie et de l’économie institutionnelle. Il est l’auteur de l’ouvrage L’institutionnalisme historique et la relation entre théorie et histoire en économie (Classiques Garnier, 2014). Ses recherches récentes portent sur la modélisation des règles et des 7 institutions en théorie des jeux ainsi que sur la relation entre économie positive et économie normative.

Deuxième partie : table ronde : « Quelle gestion des problématiques de développement durable au niveau territorial ? » o P. Andriot (Vice-

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