Mercredi de 14 heures à 17 heures, conférence d’Hervé Lagoguey. Résumé : A partir des années cinquante, de nombreux auteurs de science-fiction ne s’intéressent plus aux étoiles et aux futurs lointains et délaissent « l’idéologie du Progrès », préférant s’inquiéter des problèmes qui guettent la planète bleue, menacée à plus ou moins long terme de devenir une véritable poubelle. Prenant le relais de certains sociologues, démographes et écologistes – quand ils ne les devancent pas – ces auteurs tirent la sonnette d’alarme, en se servant des ressorts du genre SF, qui prend toute sa valeur de littérature de veille et de mise en garde. Peinture de mondes de demain plausibles, accélération des processus et des courbes, amplification des problèmes, outrance des solutions envisagées, les risques et les dérives en tous genres sont étudiés à la loupe, dans un registre parfois satirique, souvent catastrophiste. En brossant des tableaux cauchemardesques de sociétés en proie aux pires problèmes imaginables de pollution, de surpopulation, de malnutrition, de santé, de pénurie de ressources, ces écrivains s’inscrivent dans la tradition des récits dystopiques, dont les fleurons sont 1984 d’Orwell ou Le Meilleur des mondes d’Huxley. L’aspect politique de la dystopie est toujours présent, mais les questions environnementalistes étant mises au premier plan, on parlera de dystopies écologiques, des récits plus engagés que les écofictions, œuvres plus fascinées par la catastrophe en soi.

A travers quelques exemples – dont l’emblématique Soleil vert, connu pour son adaptation cinéma – cette conférence montrera comment tout un pan de cette science-fiction d’avertissement et non de divertissement s’attache à préserver la planète à sa manière, en mettant l’imagination au service de l’environnement, sur un mode pessimiste la plupart du temps motivé par des menaces bien réelles.

Présentation : Hervé Lagoguey est Maître de Conférences en Anglais à l’URCA. En poste à l’ESPE, il donne ses enseignements à la Faculté de Sciences Economiques, Sociales et de Gestion et à l’UFR de Droit et de Science Politique. Membre du CIRLEP, ses travaux de recherche portent sur deux auteurs anglo-saxons, l’américain Philip K. Dick et le britannique James G. Ballard, et des axes thématiques qui posent la question des frontières formelles et génériques : la dystopie et l’utopie, l’hybridité, les êtres artificiels, l’interface monde virtuel / monde réel.

 

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