Une édition exceptionnelle du Bateau ivre 100% ardennaise

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Recette pour une édition d’exception : Composez le Bateau Ivre d’Arthur Rimbaud en Garamond corps 24, caractères typographiques spécialement fondus par « Frédéric Tachot, le dernier fondeur de caractères en France, à Saran près d’Orléans » ; insérez un papier chiffonné en vélin d’Arches de format raisin (50 x 65 cm) ; tirez le barreau d’une presse à bras de 1850 « un modèle rare en France » ; pliez à la main en quatre pour faire un cahier de huit ;

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Cette presse à bras date de 1850.

cousez le dos toujours à la main avec quatre aiguilles ; illustrez chaque strophe d’une oeuvre abstraite de Simon C., peintre ardennais de 91 ans…

Et vous obtiendrez un ouvrage bibliophilique d’exception tiré à 150 exemplaires (125 pour le tirage courant et 25 exemplaires pour le tirage de tête + avec une illustration originale).

 

« Impression et façonnage compris, c’est environ 300 heures de travail à trois »

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Sylvie Quinart a cousu chaque dos à la main avec quatre aiguilles..

« Impression et façonnage compris, c’est environ 300 heures de travail à trois » détaille François Quinart, qui tient la librairie-imprimerie Arch’libris.

Il est aussi membre de l’association Art et Passion du Livre en Ardenne (Apla), présidée par Jean-Pierre Legros, et qui a impulsé la création de ce livre d’art. Depuis 2014, l’ APLA a réalisé deux plaquettes : Jules Leroux et Paul Drouot, poètes ardennais mort à la première guerre ; le livre Aux verts fuseaux de la Semoy et de la Meuse, qui regroupe des poèmes de Jean Rogissart  et le porte-folio Simon C., 70 ans de peinture. Quant à la presse à bras, rénovée depuis quelques mois, c’est son premier livre. Elle avait jusque-là  permis d’imprimer une très belle version du poème Voyelles.

 Plus de 200 références bibliophiliques autour de Rimbaud

Cette version du Bateau ivre de Rimbaud viendra rejoindre une création bibliophilique importante autour du poète ardennais selon le président des Amis de Rimbaud, Alain Tourneux qui estime à plus de 200 le nombre de références, mais sans doute une des premières à ce point ardennaise. La dernière en date serait du père Bonaventure Fieullien dont certaines gravures sont justement exposées du 8 au 31 décembre à la médiathèque.

Trois peintures remises au Musée de l’Ardenne samedi 10 décembre

Pour voir de plus près cette nouvelle édition du Bateau ivre, rendez-vous le samedi 10 décembre à 15 heures pour une dédicace du peintre Simon C. A cette occasion, l’association remettra trois peintures de Simon C. et sélectionnées par lui pour le musée de l’Ardenne.

Les deux éditions étaient vendues à des prix raisonnables : 160 euros le tirage de tête, 90 euros le tirage courant. Etaient, car elles sont toutes vendues.

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L’association a opté pour un format Raisin (50 x 65 cm) mais il est possible d’aller jusqu’au format maximal avec cette presse : le Grand colombier (60 x 80 cm)
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« Les 25 oeuvres originales sélectionnées avec Simon C. pour l’impression sont ajoutées dans chacun des tirages de tête », explique Jony Villeneuve, secrétaire de l’association.
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Claude Guichard et François Quinart impriment les derniers feuillets.

 

Le revolver de Verlaine acheté plus de 6 fois son estimation

S’en est donc fini du revolver de Verlaine mis aux enchères, hier soir mercredi 30 novembre chez Christie’s. L’arme qui a sans doute tiré sur Rimbaud ne viendra pas au musée de Charleville-Mézières. Un collectionneur ayant réclamé l’anonymat l’a acheté par téléphone pour 365.000 euros, soit 434.500 euros frais de vente compris.  Il était estimé entre 50.000 et 70.000 euros (Verlaine l’avait acheté 23 francs. D’accord… au 19e siècle).

lot-12-le-revolver-avec-lequel-verlaine-a-failli-tuer-rimbaud-e50-000-70-000-3Malgré son chèque de 150.000 euros, la ville de Charleville n’aura pu préempter à temps l’objet rare. Le type Lefaucheux de Verlaine ne rentrera pas dans le musée de Charleville-Mézières. Ce qui , soit dit en passant, n’est peut-être pas plus mal pour ceux qui souhaitent rester dans l’esprit qui a présidé à la création de ce nouveau musée Rimbaud. A savoir, si j’ai bien compris : ne pas enfermer le poète dans une maison d’écrivain mais plutôt révéler l’oeuvre et le mythe. En n’obtenant pas le revolver, on évite ainsi le fétichisme qui tend à s’émerveiller devant des objets auxquels on prête une âme, au lieu de se nourrir tout simplement de l’oeuvre et de s’attacher à ce qu’elle a semé dans son sillage.

Trois achats prestigieux pour se consoler

Et, les Carolomacériens peuvent toujours se consoler en se rappelant au moins trois pièces prestigieuses que le musée a achetées. L’ancien conservateur et nouveau président des amis de Rimbaud, Alain Tourneux les évoquait lors d’une conférence destinée aux amis de Rimbaud le 19 novembre dernier :

  1. Le sonnet Voyelles, acquis en vente publique à l’hôtel Drouot le 23 novembre 1982, à l’époque en francs ! 363 570 francs soit  55 425,89 euros.
  2. Dix ans plus tard, le tableau de Jef RosmanRimbaud blessé, toujours en Francs : 200 000 francs  soit 30 489,80 euros,  mis en vente déjà par un collectionneur belge.
  3. Au début des années 2000, la photo  « Rimbaud photographié parmi un groupe de chasseurs », acquise pour un peu plus de 100 000 euros en faisant jouer le droit de préemption de l’Etat.

Autant d’oeuvres qui au regard des enchères de ce mercredi, ont « sûrement aujourd’hui beaucoup plus de valeur », commentait-il.

A lire sur ce sujet aussi, le blog de Jacques Bienvenu, Rimbaud ivre qui rappelle au lendemain de la vente (ND :lire la mise à jour du 1er décembre) , les dernières donations,  faites au musée ainsi que les achats lors des enchères suite au décès de Claude Jeancolas, spécialiste de Rimbaud et collectionneur.

Qui a acheté le revolver de Verlaine ?

Le nom de Patti Smith aurait été soufflé dans la salle, d’après le journaliste Pierre Wiem du quotidien belge régional L’Avenir, dans un article intitulé, Un coup de feu à 360.000 euros.

Celui-ci a suivi Jacques Ruth, désormais ancien propriétaire du fameux revolver type Lefaucheux durant la vente. Il raconte dans son article la stupeur de ce dernier, qui ne s’attendait pas à une telle envolée. Et rappelle que le Belge a demandé à ajouter une clause pour que l’arme soit exposée au grand public de temps en temps et qu’elle revienne à la mort du nouveau propriétaire » sur ses terres natales ». Clause qui d’après Christie’s ne peut légalement être ajoutée, comme nous le précisions dans un précédent article.

Noël et sa société de consommation. Aïë, aïë, aïe… Difficile d’y échapper et de ne pas culpabiliser en pensant à cette fameuse histoire d’orange que nous ressortent les plus anciens. Je vous parle d’un temps… Où il neigeait encore encore en décembre ! C’est dire.

25 % sur l’artisanat

Bref, la vraie info est là : Artisans du monde, association qui défend le commerce équitable, déstocke tout le mois de décembre et pratique une remise de – 25 % sur tout l’artisanat. La boutique militante doit être entièrement rénovée et fait de la place.

C’est le moment ou jamais de devenir conmm’acteur pour ceux qui hésiteraient encore. Bon, je ne vous cache pas que ça me chagrine un peu quand même, d’acheter moins cher un produit censé se trouver au juste prix, puisque le principe de la boutique est de permettre (entre autres) à des artisans d’être rémunérés correctement pour leur travail. Mais sans doute vaut-il mieux l’acheter à moins 25 % que pas du tout. Culpabilité quand tu nous tiens !

Petit déjeuner équitable et solidaire

Artisans du monde propose aussi des temps d’échanges et de rencontres et sera présent à Launois-sur-Vence, ce dimanche 3 décembre ainsi qu’au FJEP de Vouziers. Un petit déjeuner équitable et solidaire est organisé le samedi 10 décembre de 8 h 30 à 12 h 30 119 rue de Warcq, salle des loisirs populaires à Manchester (accès apr le aprvis de l’église). Tarifs : 5 euros adulte, 2 euros enfant.

La boutique se trouve au 14 rue de la Paix à Charleville-Mézières et ouvre en semaine de 14 à 19 heures ; les mercredi et samedi matin de 10 à 12 heures.